Depuis décembre, l’Afrique australe est frappée par des pluies diluviennes qui ont provoqué des inondations meurtrières. L’Afrique du Sud a décrété dimanche 18 janvier 2025 l’état de catastrophe nationale, tandis que le Zimbabwe et surtout le Mozambique comptent de nombreuses victimes. Selon le dernier bilan officiel communiqué par Maputo, plus de 100 personnes ont perdu la vie au Mozambique dans diverses circonstances liées aux intempéries selon la radio France Internationale.
Les pluies se poursuivent et aggravent la situation. Guy Taylor, représentant de l’Unicef au Mozambique, alerte sur la saturation des centres d’hébergement d’urgence et sur les milliers de personnes encore isolées, privées de secours et de services essentiels. Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère nécessitent des aliments thérapeutiques immédiats, mais l’accès reste difficile.
Les inondations amplifient les menaces sanitaires. Le Mozambique connaissait déjà des cas de choléra dans plusieurs régions. « Il est très probable que cette inondation accélère sa propagation et celle d’autres maladies », prévient Guy Taylor. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé et aux vaccinations est jugé crucial pour éviter une crise sanitaire majeure.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) rapporte que 70 000 hectares de champs ont été submergés. Dans un pays où la majorité de la population dépend de l’agriculture de subsistance, des dizaines voire des centaines de milliers de personnes risquent de voir leur sécurité alimentaire gravement compromise.
Avec la saison des cyclones en cours, les autorités redoutent de nouveaux événements climatiques. L’Unicef estime déjà que plus de 430 000 personnes sont affectées par les inondations. La crise humanitaire pourrait donc s’intensifier dans les semaines à venir.
L’Afrique du Sud a envoyé des équipes de secours dans le sud du Mozambique, notamment après qu’une voiture transportant cinq membres d’une délégation sud-africaine a été emportée par les eaux à Chokwe, à 200 km au nord de Maputo. Sur son propre territoire, les autorités sud-africaines poursuivent les recherches de survivants et de corps. Certaines régions commencent à voir les eaux refluer, comme le parc national Kruger, contraint de fermer ses portes jeudi mais qui prévoit de rouvrir « dès demain », selon le service des parcs nationaux.
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