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Marline Babwine : 13 ans de défense des droits humains dans le secteur minier en RDC

Depuis plus de treize ans, Marline Babwine consacre sa carrière à la défense des droits humains dans le secteur minier en République démocratique du Congo. Son parcours témoigne d’un engagement indéfectible, transformer les réalités de pauvreté et d’inégalités vécues par les communautés locales en une force de plaidoyer et d’action citoyenne. À travers ses initiatives, elle milite pour que les richesses naturelles du pays deviennent un véritable levier de développement durable, de justice sociale et d’égalité, en particulier pour les femmes vivant dans les zones minières.

Le secteur minier en République démocratique du Congo incarne à la fois une immense source de richesses et un espace de profondes inégalités. Derrière les minerais qui alimentent les chaînes d’approvisionnement mondiales se cachent des réalités de pauvreté, de précarité et de violations des droits humains. C’est dans ce contexte que s’inscrit son engagement, transformer l’expérience personnelle de la pauvreté et de l’injustice en une force de plaidoyer, afin de promouvoir des réformes durables et de défendre les communautés locales, en particulier les femmes, face aux défis du secteur minier.

Entretien, tout commence par un sourire amical, 

Qu’est-ce qui vous a guidée vers le secteur minier et la défense des droits humains?

R/ En suivant l’actualité de mon pays, j’ai expérimenté la pauvreté et les inégalités pourtant un pays riche en ressources naturelles. J’ai compris qu’il fallait contribuer au changement à travers le plaidoyer et d’autres actions citoyenne afin de faire adopter differentes reformes favorables aux attentes et besoins des communautés congolaise pour le développement durable

En 13 ans de carrière, quel moment vous a le plus marquée?

R/ Les conditions de travail dans les sites d’exploitation minière, le niveau de pauvreté des communautés déguerpie pour laisser place aux zones, le faible impacts des projets mis en œuvre par certaines organisations avec des politiques linéaires dans les choix des approches, la lenteur du gouvernement à mettre en application des lois et bonnes pratiques, la résilience de la communauté qui malgré le niveau de précarité continue à affronter les défis avec courage et sourire 

 Comment votre travail contribue-t-il concrètement à la protection des femmes dans les zones minières ?

Nous avons travaillé pour l’ancrage de notre approche dans les zones minières à travers les activités d’alphabétisation conscientisante, la facilitation au dialogue entre les communautés locales et les compagnies minières pour le respect des engagements en terme de responsabilité sociétale et droits de communautés, nous avons travaillé à la vulgarisation de la loi minière, l’éducation financière des femmes intervenantes dans le secteur minier, la mise en place des comités de surveillance avec la police de mine pour la réduction de travail des enfants dans mines, la médiation afin de trouver des réponses aux défis de cohabitation entre l’exploitation minière artisanale et industrielle, plusieurs plaidoyer pour réduire les inegalites sur la chaîne d’approvisionnement pour que le monde s’assure que les communautés locales profitent véritablement de leurs ressources.

Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans la promotion des droits humains?

R/ Les projets définis dans le temps qui ne permettent pas l’atteinte des objectifs et résultats escomptés dans des contextes fragiles qui nécessitent des interventions sur la durée pour mieux construire des racines de durabilités et d’auto prise en charge, l’absence des sanctions à l’endroit des acteurs de violations de droits humains mais également de ceux qui menacent les défenseurs de droits humains réduit la confiance et l’engagement des acteurs engagés.

Les acteurs qui ont transformé la défense des droits humains en business et qui s’enorgueillit en détournant sans remords les fonds destinés à promouvoir les droits humains réduits la légitimité d’autres défenseurs face à la communautés mais également aux autorités politiques et administratives

Quelle réussite professionnelle vous rend la plus fière aujourd’hui ?

R/ Avoir contribué à la stabilité de l’organisation BEST malgré différentes tempête comme la pandémie covid19, la carence de financement, la crise sécuritaire, la mise en place et formation de 42 structures locales de dialogue, de paix et de gestion dans les zones minières, conduites des missions de plaidoyer de niveau provincial et national sur la reparation des prejudices subis suite à l’activité minière suivis des décisions du gouvernements ( arrêtés ministériels), participation aux débats dans les forums internationaux sur la paix, la stabilité et les chaînes d’approvisionnement des minerais en provenance des zones minières

Quelle vision portez-vous pour l’avenir du secteur minier en lien avec la justice sociale et l’égalité ?

R/ A travers les échanges entre organisations des pays africains, l’ouverture des acteurs européens et américains sur la réduction des inégalités sur les chaînes d’approvisionnement des minerais, il est donc possible de changer d’approche et migrer vers des actions qui contribuent au développement des communautés des pays producteurs dans le respect des droits humains et de l’environnement. Nous allons continuer à mener le plaidoyer auprès du gouvernement congolais pour qu’il renforce les efforts de mise en application de la loi à travers des sanctions et lutte contre la corruption.

 

Propos recueillis par Sylvie Nabintu 

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