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Le nom de ma mère : un roman qui inscrit la RDC dans l’histoire littéraire africaine

La littérature congolaise vient d’inscrire une page historique. À seulement 24 ans, Pascal Boroto, jeune écrivain de la République démocratique du Congo, a remporté la 5ᵉ édition du Prix Voix d’Afriques, une prestigieuse distinction panafricaine annoncée le 20 mars 2026 par Radio France Internationale.  

Il devient ainsi le premier auteur congolais (RDC) à recevoir ce prix depuis sa création, succédant à des lauréats venus de Côte d’Ivoire, du Congo-Brazzaville et du Cameroun.  

Le jury a été séduit par son premier roman, Le nom de ma mère, un récit intime et bouleversant qui explore la mémoire, l’héritage familial et la quête d’identité. L’ouvrage rend hommage à sa mère, Solange Lusiku, journaliste emblématique et fondatrice du journal indépendant Le Souverain Libre, connue pour son courage et son engagement en faveur de la liberté de la presse à Bukavu.  

Dans ce roman publié aux Éditions JC Lattès, Pascal Boroto raconte l’histoire d’un adolescent confronté à la disparition brutale de sa mère alors qu’il est encore lycéen. Déboussolé par cette perte, il s’engage dans une quête intérieure pour comprendre l’héritage moral et intellectuel laissé par cette femme engagée. Le récit se déploie à travers des souvenirs familiaux empreints de tendresse, des fragments de la vie journalistique de sa mère et une plongée dans les réalités sociales de l’Est de la RDC.  

À Goma, ville marquée par les conflits et les drames humains, le narrateur découvre la force des mots comme outil de résistance et de mémoire. Le roman met en lumière la fragilité de l’adolescence face au deuil, mais aussi la puissance de l’écriture pour reconstruire une identité et donner voix aux silences.  

Économiste de formation et journaliste de vocation, Pascal Boroto s’est également illustré par son travail auprès des victimes de conflits dans l’est du pays. Enquêteur dans des camps de déplacés, collaborateur du Fonds national de réparations des victimes, il est aussi à l’origine de l’initiative Les Voix des Oubliés, qui donne la parole aux populations marginalisées et invisibilisées par les récits officiels.  

Créé par Radio France Internationale, les Éditions JC Lattès et la Cité internationale des arts, le Prix Voix d’Afriques vise à mettre en lumière de nouvelles voix francophones du continent. Il offre au lauréat une visibilité internationale, la publication de son roman et une résidence d’écriture à Paris.  

Avec cette distinction, Pascal Boroto ne signe pas seulement une victoire personnelle. Il incarne la vitalité d’une nouvelle génération d’écrivains congolais et rappelle que, même dans les régions marquées par les conflits, la littérature demeure un puissant instrument de mémoire, de résistance et d’espoir.

 

Par Sylvie Nabintu avec Rfi

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