Chaque 13 février, le monde célèbre la Journée mondiale de la radio, un média qui, malgré l’essor fulgurant des plateformes numériques, demeure le plus accessible et le plus proche des populations. En République démocratique du Congo, cette célébration prend une dimension particulière dans les zones affectées par le conflit armé opposant le M23 aux Forces armées de la RDC. Dans le Nord-Kivu et Sud-kivu, de nombreuses stations locales ont été contraintes de suspendre leurs émissions à cause des violences, privant des communautés entières d’un outil vital d’information, de cohésion sociale et de survie.
La radio comme rempart contre la désinformation
Dans les zones fragilisées par les combats, la radio reste souvent le seul canal fiable pour contrer les rumeurs et apaiser les tensions. Les radios communautaires, même modestes, diffusent des informations essentielles : alertes de sécurité, mouvements de population, prix des denrées, messages de prévention contre la haine et la division. Elles jouent un rôle de vérification locale en démentant les fausses nouvelles qui circulent rapidement dans les zones de crise. L’UNESCO rappelle que la radio indépendante est un pilier de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix, car elle permet de maintenir un minimum de confiance dans l’information. Dans un contexte où les réseaux sociaux peuvent amplifier la désinformation, la radio reste une voix de stabilité et de crédibilité.
La radio n’est pas seulement un outil d’information, elle est aussi un espace de dialogue et de médiation. Elle donne la parole aux communautés, leur permettant de partager leurs préoccupations et de participer à des débats constructifs. Elle sert de lien entre les autorités locales, les acteurs humanitaires et les populations, favorisant la confiance et la recherche de solutions pacifiques. Les émissions interactives, où les auditeurs peuvent appeler ou envoyer des messages, créent un sentiment d’appartenance et de solidarité. Dans les zones de guerre, la radio devient ainsi une véritable plateforme citoyenne, où les voix des sans-voix trouvent un écho.
La radio comme outil de résilience culturelle et sociale
Au-delà de l’information, la radio contribue à préserver l’identité culturelle et la mémoire collective. Les programmes musicaux et culturels rappellent aux communautés leur patrimoine, renforçant le sentiment d’unité. Les émissions éducatives permettent aux enfants et aux jeunes privés d’école de continuer à apprendre, même dans des conditions difficiles. Les témoignages diffusés à l’antenne aident les populations à exprimer leurs souffrances, mais aussi leur espoir, transformant la radio en un espace de guérison psychologique. Ainsi, la radio ne se limite pas à informer : elle réconforte, éduque et inspire.
Les défis des radios locales en temps de guerre
Malgré leur importance, les radios locales font face à de nombreux obstacles. Les journalistes et animateurs sont souvent menacés ou intimidés. Le manque de financement rend difficile le maintien des équipements et la rémunération du personnel. Les déplacements forcés et la destruction des infrastructures compliquent encore davantage la continuité des émissions. Soutenir ces radios, c’est protéger un outil vital pour la démocratie et la paix.
En ce jour dédié à la radio, il est essentiel de rappeler que dans les territoires meurtris par le conflit du M23, la radio reste une arme de paix. Elle donne une voix aux sans-voix, protège contre la manipulation et contribue à reconstruire le tissu social. Soutenir les radios locales, c’est investir dans la paix et la résilience des communautés congolaises. La radio, par sa simplicité et sa proximité, demeure un phare dans l’obscurité des guerres, une voix qui unit
Rédaction





