Le lac Kivu, joyau naturel de la région des Grands Lacs, est aujourd’hui menacé par une pollution alarmante. Chaque jour, plus de 2,130 kilos de sachets plastiques y sont déversés depuis la ville de Bukavu. À cette charge s’ajoutent les eaux usées et divers effluents qui s’écoulent vers ses rives, transformant ce lac en un réceptacle de déchets. Les microplastiques, désormais omniprésents, se retrouvent dans l’alimentation des habitants, exposant la population à des maladies hydriques, cardiovasculaires et pulmonaires.
Pour le professeur Pascal Masilya Mulungula et son collègue Jacques Riziki Walumona, cette situation est le reflet de la gestion urbaine de Bukavu. Ils appellent à une prise de conscience collective avant qu’il ne soit trop tard.
Le 6 mars 2026, la salle Vendenhaute de l’ISP/Bukavu a servi de décor pour la conférence, Organisée dans le cadre de la la campagne « Bukavu Ville Verte, Mois Vert Mois de plaidoyer et d’activités environnementales », initiée par la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) Suisse. L’événement a rassemblé de nombreux participants autour d’un objectif de sensibiliser les communautés, en particulier les jeunes universitaires, à des gestes simples mais décisifs, comme éviter de jeter plastiques, huiles, restes alimentaires ou produits chimiques dans le lac et ses affluents.
Le professeur Bakenga Matabaro a présenté le modèle de lotissement de Nyantende, situé dans le quartier Bel Air, comme une piste de solution face à l’étouffement urbain de Bukavu. La rencontre s’est conclue par des slogans porteurs d’espoir et de responsabilité, tels que « Le lac Kivu et ses affluents ne sont pas une poubelle, ils nous donnent la vie » ou encore « Ce que tu jettes dans l’eau revient dans ton assiette ; eau propre aujourd’hui, santé demain ». Ces messages visent à rappeler que la survie du lac dépend de l’engagement de chacun.
La forte mobilisation des universitaires témoigne de l’intérêt croissant du monde académique pour la protection de l’écosystème local. L’activité, ouverte par le Secrétaire Général à la Recherche de l’ISP/Bukavu, a été suivie de l’intervention de Thomas Jenath, directeur de la DDC, qui a rappelé les objectifs de la campagne : bâtir une conscience écologique et encourager des actions concrètes pour une ville plus verte.
Après cette première étape réussie, la campagne « Bukavu Ville Verte » prévoit de poursuivre ses activités dans d’autres institutions universitaires de la ville afin d’élargir la sensibilisation et mobiliser davantage d’acteurs autour de la protection du lac Kivu et de son environnement.
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