L’Université Officielle de Bukavu (UOB) a marqué un tournant scientifique ce vendredi 31 juillet 2026 en organisant la soutenance publique de deux thèses de doctorat en médecine interne. Ces travaux, salués par le jury pour leur pertinence, abordent des problématiques de santé publique cruciales en République démocratique du Congo (RDC).
Drépanocytose : un plaidoyer pour le dépistage néonatal
Le chef de travaux Dr Mwanza Nangunia Nash, étudiant à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), a présenté une recherche intitulée, « Intégration du dépistage néonatal de la drépanocytose dans l’amélioration des soins primaires, des profils clinique et hématologique ainsi que de la qualité de vie des enfants drépanocytaires à Bukavu ».
Son étude, menée auprès de 300 femmes enceintes, révèle une acceptabilité du dépistage néonatal à 80 %. Le chercheur souligne que, contrairement aux pays à revenu élevé où le dépistage systématique a transformé le pronostic des enfants, en RDC le diagnostic reste tardif et souvent posé lors de crises aiguës. « Le grand problème demeure l’accès limité aux traitements spécifiques comme l’hydroxyurée, ainsi que le diagnostic tardif », a déclaré Dr Mwanza. Il recommande une sensibilisation communautaire, une formation continue du personnel médical et la mise en place d’un suivi pédiatrique structuré.
VIH et Hépatite B : une prévalence alarmante
La cheffe de travaux Dr Parvine Basimane Bisimwa a défendu une thèse sur « Étude épidémiologique et moléculaire des infections par le virus de l’hépatite B, de l’immunodéficience humaine et de leur co-infection dans certains groupes à risque au Sud-Kivu ».
Ses recherches, menées dans des sites sensibles tels que les maisons de tolérance, les camps militaires et la prison centrale de Kabare, révèlent des taux de prévalence préoccupants :
– Hépatite B : 48,8 % à Bukavu, 30,8 % à Kabare, 13,2 % à Kalehe et 7,2 % à Walungu.
– Prévalence du VIH : 5,7 % à Bukavu, 2,5 % à Kalehe, 2,4 % à Kabare et 1,2 % à Walungu.
Dr Basimane déplore la persistance de résistances virales malgré les traitements et appelle à renforcer le dépistage chez les femmes enceintes et les groupes à risque, ainsi qu’à élargir l’accès aux autotests.
Le recteur ad intérim de l’UOB, Professeur Florent Munenge Mudage, a salué ces soutenances comme une preuve de la capacité scientifique de l’université, « Ces recherches contribueront à la résolution des problèmes de santé, non seulement à Bukavu, mais aussi à travers le pays et l’humanité. »
De son côté, le doyen de la Faculté de Médecine, Dr Patient Wimba Mijiriro, a rappelé que l’UOB est la seule institution autorisée à organiser des thèses de doctorat et l’agrégation en médecine au Sud-Kivu, et figure parmi les 16 universités habilitées en RDC.
Ces deux travaux scientifiques ouvrent des perspectives majeures :
– Amélioration du pronostic pédiatrique de la drépanocytose.
– Renforcement des stratégies de lutte contre le VIH et l’hépatite B.
Le jury a souligné leur pertinence scientifique et leur potentiel impact sur les politiques sanitaires nationales.
David BALIBONERA




