Société

Sud-Kivu : une crise humanitaire multidimensionnelle aggravée par les violences et les épidémies

La province du Sud-Kivu traverse une crise multidimensionnelle où les affrontements armés, les déplacements massifs de populations et les épidémies se conjuguent pour aggraver la vulnérabilité des communautés. Les violences dans les territoires d’Uvira, Fizi, Kabare et Kalehe ont entraîné de nouveaux déplacements internes, portant le nombre de personnes déplacées à 1,25 million au 28 février 2026. Les retours restent marginaux, avec seulement 995 personnes revenues dans leurs localités.

Selon le rapport de OCHA, la dégradation sécuritaire est particulièrement marquée à Kalehe, où les combats ont fait 16 morts et provoqué le déplacement de 20 000 personnes, tandis que l’accès humanitaire demeure entravé sur la RN3. Dans Kabare, Walungu et Shabunda, les affrontements ont perturbé les activités socio-économiques, entraîné des pertes humaines et forcé des milliers de personnes à chercher refuge ailleurs. À Uvira et Fizi, les déplacements massifs se poursuivent, accentuant la pression sur les zones d’accueil déjà fragilisées.

Sur le plan humanitaire, environ 193 400 personnes ont reçu une aide alimentaire dans Walungu, Kalehe et Uvira, et 14 500 personnes ont eu accès à des soins de santé essentiels. Une évaluation rapide menée par ACTED a révélé la vulnérabilité de 77 600 personnes sur l’axe Sange-Nyakare, confrontées à l’insécurité alimentaire et aux risques de violences. Globalement, près de 1,99 million de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë (IPC3+), ce qui illustre l’ampleur de la crise peut-on lire dans ce document.

La situation sanitaire reste préoccupante. En février, la province a enregistré 891 cas de Mpox, 1 222 cas de choléra et 2 633 cas de rougeole, cette dernière en forte augmentation par rapport au mois précédent. Ces épidémies touchent de nombreuses zones de santé et aggravent les conditions de vie des populations déplacées et hôtes.

Les réponses humanitaires ont permis de prendre en charge 1 034 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et 13 321 atteints de malnutrition modérée, ainsi que de fournir une supplémentation nutritionnelle à des milliers d’enfants et femmes enceintes ou allaitantes. Sur le plan médical, plus de 19 000 personnes ont bénéficié de soins gratuits, tandis que l’OMS a assuré la prise en charge de blessés, de survivantes de violences sexuelles et de femmes nécessitant des soins en santé reproductive. Des campagnes de sensibilisation ont également été menées pour renforcer la prévention contre la rougeole et d’autres maladies.

 Les besoins restent immenses et urgents, nécessitant une intensification de l’assistance, une meilleure coordination des acteurs et un accès humanitaire garanti. Sans une réponse renforcée, la province risque de voir s’aggraver encore davantage la vulnérabilité de ses populations déjà éprouvées.

 

par Sylvie NABINTU

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