Environnement

À Murhesa, les agriculteurs partagent leurs solutions pour une agriculture durable

Pendant deux jours, les agriculteurs des groupements de Miti et Mudaka se sont retrouvés au Grand Séminaire de Murhesa, au Théologat Saint Pie X, autour d’un objectif commun : mieux connaître, partager et valoriser les solutions qu’ils développent dans leurs communautés pour faire face aux difficultés rencontrées dans leurs activités agricoles et d’élevage. Organisé par SOPRODE, l’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Études de cas en agroécologie et zéro déchet pour une agriculture durable et le plaidoyer dans le territoire de Kabare, RDC ».

Partir de ce que les agriculteurs savent déjà

La première journée a été consacrée à une cartographie participative des pratiques agroécologiques et zéro déchet. Répartis en petits groupes selon leurs localités, les participants ont échangé sur les pratiques qu’ils utilisent réellement dans leurs exploitations. Ils ont notamment partagé des expériences liées au compostage, à la fumure organique, à l’association et à la rotation des cultures, à l’agroforesterie, à la lutte contre l’érosion, à l’utilisation des résidus de récolte, à la valorisation des déchets organiques et aux alternatives aux pesticides et aux engrais chimiques dangereux.

L’intérêt de la démarche était de ne pas partir uniquement de pratiques définies à l’avance, mais de donner aux producteurs la possibilité de présenter leurs propres expériences et les solutions qu’ils ont développées ou adaptées dans leur environnement.

Les échanges ont aussi permis de s’intéresser à l’histoire de ces pratiques, comment elles ont été apprises, pourquoi elles sont utilisées, quelles difficultés elles permettent de résoudre et quels changements les producteurs observent.

Du partage d’expériences à la pratique

La deuxième journée a donné davantage de place aux démonstrations pratiques, aux échanges entre producteurs et à l’observation de certaines pratiques dans les champs environnants. Cette étape a permis de mieux comprendre les pratiques dans leur contexte réel, mais aussi d’écouter les producteurs expliquer eux-mêmes leurs méthodes, leurs expériences et les difficultés qu’ils rencontrent. La démarche visait notamment à mieux comprendre les solutions permettant de valoriser les ressources disponibles localement et de réduire la dépendance à certains pesticides et engrais chimiques dangereux.

Documenter les expériences pour les études de cas

Les informations recueillies pendant l’atelier ne resteront pas uniquement dans les échanges entre participants. Elles constituent une première base documentaire pour les études de cas du projet, qui devront permettre d’approfondir certaines expériences intéressantes à travers des entretiens avec les producteurs, des observations de terrain et des visites complémentaires. Le croisement de ces différentes sources permettra de mieux consolider la documentation des pratiques et de comprendre dans quelles conditions elles peuvent être maintenues, adaptées ou reproduites.

L’objectif est de mieux faire connaître les solutions développées par les communautés et de comprendre dans quelles conditions elles peuvent être maintenues, adaptées ou reproduites. L’atelier a été facilité par Bunani Kabwanda Marc, agronome et chercheur à l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA), Centre de Mulungu.

À la fin des assises, les participants ont pris l’engagement de promouvoir et de mettre en pratique des pratiques agroécologiques durables et des solutions zéro déchet au sein de leurs communautés, et de contribuer au partage et à la valorisation de ces expériences comme base de connaissances pour les études de cas et le plaidoyer en faveur d’une agriculture durable.

Pour SOPRODE, cette démarche vise à renforcer la place des connaissances des producteurs dans la construction de solutions adaptées aux réalités locales. Le projet bénéficie de l’appui du Global Greengrants Fund (GGF), sur recommandation de Pesticide Action Network Africa (PAN Africa).

 

Redaction

 

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