Environnement

Maniema : quand les communautés deviennent gardiennes de leurs forêts

Dans le Sud-Maniema, en République démocratique du Congo, une nouvelle page s’écrit pour les communautés locales. Sept villages viennent de recevoir, à titre gratuit et perpétuel, la gestion de plus de 52 000 hectares de forêts. Longtemps convoitées pour leur bois rouge et fragilisées par le braconnage d’espèces rares éléphants, chimpanzés, perroquets gris ces terres deviennent désormais des espaces de conservation communautaire.

À Kaliumba, Muhedja, Mulenda, Risasi, Lupanga, Musalay et Benyengundu Kyalula, les habitants voient dans ces concessions forestières plus qu’un simple arrêté administratif. C’est une reconnaissance de leur rôle ancestral de gardiens de la forêt, une responsabilité transmise de génération en génération et désormais inscrite dans la loi. « Nos forêts ne sont pas seulement des arbres, elles sont notre mémoire, notre avenir », confie un leader communautaire.

Cette avancée est le fruit d’une collaboration entre les autorités provinciales du Maniema et l’ONG Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network). Ensemble, ils ont mené un plaidoyer pour que les communautés soient reconnues comme actrices centrales de la conservation.

À la veille de la COP 31 en Turquie, Maniema veut se positionner parmi les provinces forestières qui font de la conservation une priorité. Mais au-delà des ambitions climatiques et des marchés carbone, c’est une histoire humaine qui se dessine, celle de villages qui choisissent de défendre leurs forêts pour préserver la biodiversité et offrir un avenir durable à leurs enfants.

Le long du fleuve Congo, ces concessions communautaires deviennent des bastions contre la déforestation et des sanctuaires pour la faune menacée. Elles incarnent une gouvernance forestière nouvelle, où les communautés locales ne sont plus spectatrices mais protagonistes. Pour elles, la forêt est à la fois ressource, héritage spirituel et culturel. Les anciens rappellent que certains arbres abritent les esprits protecteurs des villages, tandis que les jeunes y voient une chance de bâtir un avenir où la forêt rime avec dignité et prospérité.

Ces forêts abritent des espèces emblématiques bois rouge, éléphants de forêt, chimpanzés, perroquets gris dont la survie dépend désormais de la vigilance des habitants. « Grâce à la collaboration des autorités provinciales, une nouvelle ère s’ouvre aujourd’hui au Maniema. Pour la première fois, les droits de jouissance et d’usage des communautés sur leurs forêts ancestrales sont pleinement reconnus. C’est un signal fort, le Maniema se positionne désormais comme une province pionnière de la gouvernance forestière communautaire et de la conservation au cœur du bassin du Congo », a déclaré Josué Aruna, Directeur Pays du CBCS-Network.

 

Redaction 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page