Politique

ONU : une nouvelle session sous le signe des réformes et des fractures

À peine la 80e session close, la 81e s’est ouverte mardi 08 septembre 2026 à New York, dans un climat de paradoxes. Rarement les Nations Unies ont paru aussi indispensables, rarement elles ont été autant mises à l’épreuve. António Guterres, Secrétaire général, a parlé d’« un moment extrêmement périlleux pour l’humanité ». Lors de la clôture de la session précédente, M. Guterres avait dressé un inventaire sombre, multiplication des conflits, aggravation des inégalités, dérèglement climatique, bouleversements technologiques et crise du financement du développement.

La présidente sortante, Annalena Baerbock, a toutefois défendu l’utilité de l’organisation, « Pas un seul jour, pas un seul pays ne se porterait mieux sans l’ONU ». Elle a rappelé que les guerres évitées ou les famines contenues ne font pas les gros titres, mais constituent des succès silencieux. Elle a aussi plaidé pour une méthode : rechercher le consensus, mais sans le transformer en veto de fait. Son bilan est imposant, 18 réunions de haut niveau, 116 séances plénières et 317 résolutions adoptées. Elle a insisté sur la nécessité de réformes internes, réduire le nombre de réunions, limiter les temps de parole, fusionner certaines structures.

À l’ouverture de la 81e session, António Guterres a repris ce diagnostic. Le Conseil de sécurité et l’architecture financière internationale « peinent à faire face aux défis du moment ». Le droit international et les droits humains sont « trop souvent bafoués en toute impunité ». Il a évoqué le risque d’escalade nucléaire, le chaos climatique et l’effondrement des financements humanitaires. Pour lui, la réforme n’est plus une option de gestion mais une nécessité vitale. Le Pacte pour l’avenir et l’initiative ONU80 doivent restaurer la crédibilité d’un système multilatéral fragilisé.

Ce chantier revient désormais à Khalilur Rahman, ministre bangladais des affaires étrangères, qui succède à Mme Baerbock. Arrivé pour la première fois à l’ONU en 1985, il a reconnu que « le multilatéralisme est mis à l’épreuve comme jamais auparavant ». Son mot d’ordre, rechercher des terrains d’entente, sans naïveté, mais sans renoncer aux compromis possibles. Il veut aussi « déverrouiller l’ONU » en intégrant davantage la société civile, les médias, les entreprises et les chercheurs, trop souvent considérés comme extérieurs.

La tâche s’annonce ardue. Mme Baerbock avait prévenu, les méthodes peuvent évoluer, mais pas les principes. Si la souveraineté est respectée seulement lorsqu’elle arrange les puissants, « aucun État membre ne peut plus dormir tranquille ». La 81e session s’ouvre donc moins sur une promesse de grand soir multilatéral que sur une tentative de rétablir la confiance, de poursuivre les réformes et de convaincre les 193 États membres qu’ils ont encore intérêt à disposer d’un lieu où dialoguer, malgré leurs divisions.

 

Redaction 

 

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