Au quartier Ndendere dans la commune d’Ibanda , les habitants vivent chaque soir dans l’incertitude. Le courant disparaît souvent dès 18h00 et ne revient qu’à 21h00, parfois même le lendemain. La rédaction centrale de votre media Lifeinfos, en quête de comprendre cette réalité, a approché plusieurs habitants de cette partie de la ville de Bukavu, notamment ceux de la Voix du Congo, Météo, Quartier Latin et l’ISP, pour recueillir leurs témoignages sur une situation qui perturbe profondément la vie quotidienne.
« Chaque soir, nous ne savons pas si nous allons avoir la lumière ou non », raconte Jeanne, vendeuse au marché de Muhungu. « Quand le courant part à 18 heures, c’est toute notre activité qui s’arrête. Les clients hésitent à circuler dans l’obscurité, et nous perdons des revenus. » Au Quartier Latin, Patrick, étudiant à l’ISP, explique que ces coupures affectent directement ses activités « comment préparer mes cours ou réviser voir meme faire des recherches sans électricité ? même avec le système cash power, nous payons, mais le courant ne revient pas. C’est frustrant. »
Dans les ménages, la situation est tout aussi préoccupante. Mado un nom d’emprunt, mère de trois enfants, témoigne, « nous avons acheté du poisson pour les garder dans le congélateur, mais avec ces coupures, tout se gâte. Nous perdons de l’argent et nous mettons en danger la santé de nos enfants. »
Ces habitants dénoncent une incohérence, malgré l’installation du système cash power, censé garantir un service régulier , les interruptions persistent. « On recharge nos compteurs, mais le courant disparaît quand même. Où va notre argent ? », s’interroge un habitant de la Voix du Congo.
Même certaines institutions du coin ne sont pas épargnées. De l’autre coté ce sont les petits commerçants, les propriétaires des cybercafés et salons de coiffure qui en payent le cout, ils voient leurs recettes chuter. Face à cette situation, la colère monte. « nous avons l’impression que personne ne se soucie de nous », déclare Aimé, jeune entrepreneur du quartier Météo. « Comment développer nos activités si nous n’avons pas un minimum de stabilité énergétique ? »
Certains habitants envisagent même des actions de protestation pour attirer l’attention des autorités. Les délestages électriques ne sont pas nouveaux à Bukavu, mais leur fréquence et leur imprévisibilité semblent s’aggraver ces derniers temps. Les habitants réclament des explications claires de la part de la société en charge de la distribution, ainsi qu’un plan de stabilisation.
Contactez, la Société Nationale d’Électricité (SNEL S.A.), direction régionale du Sud-Kivu, renseigne que les interruptions momentanées observées dans la fourniture de l’énergie électrique résultent des arrêts programmés des installations, indispensables à l’inspection des groupes turbo-alternateurs, des turbines, des vannes de prise d’eau, des grilles de protection, des systèmes de commande ainsi que d’autres équipements électromécaniques essentiels au fonctionnement optimal de la centrale.
Mais aussi à la vétusté de ses installations, et pour y rémedier elle compte aussi réhabiliter la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, une infrastructure énergétique stratégique mise en service en 1958 et qui demeure l’un des principaux maillons de l’alimentation électrique de Bukavu, Goma et de leurs périphéries.
Par la Rédaction centrale



