Quatre étudiants, dont deux filles et deux garçons de l’Institut Supérieur de Développement Rural de Kindu dans la province de Manieme, ont bénéficié d’une bourse d’étude dans le cadre de la recherche en agroécologie. Il s’agit de Ali Kilala, Adela Hamadi, Bahati Masaidizo et Amisi Bin Amisi. La cérémonie de remise s’est tenue jeudi 18 juin 2025. Avant leur mission de terrain, les lauréats ont suivi une formation préparatoire destinée à renforcer leurs compétences en recherche appliquée.
Cette initiative s’inscrit dans le projet « Soutenir la transition agroécologique en RDC pour la conservation de la biodiversité et le bien-être des communautés autochtones et locales dans la région du Kivu », exécuté par CBCS RDC avec l’appui de l’Agroecology Fund. Il vise à valoriser les épices indigènes et sauvages utilisées par les peuples autochtones et les communautés locales vivant dans la zone tampon du parc. Les recherches porteront sur les chaînes de valeur de ces produits afin d’identifier des opportunités de transformation et de commercialisation dans une approche de socio-bioéconomie.
Les étudiants souhaitent documenter les usages traditionnels de ces épices, leur valeur économique ainsi que leur contribution à la conservation de la biodiversité et au développement des communautés locales. Pour Josué Aruna, cette démarche marque une nouvelle étape dans le mouvement agroécologique en RDC, en formant des jeunes à la recherche et à l’élaboration de protocoles scientifiques sur les épices traditionnelles autour du Parc national de la Lomami.
Ces quatre étudiants en dernière année de licence en environnement et développement durable mèneront une mission de sept jours pour collecter des données selon un protocole de recherche. Les résultats permettront de développer la chaîne de valeur des épices sauvages au profit des peuples autochtones et de créer des marchés locaux compétitifs, dans une logique de socio-bioéconomie.
Chaque bourse couvre une partie des frais académiques, les coûts liés à la recherche, l’encadrement scientifique, ainsi que les frais de transport et de séjour. Pour CBCS RDC et Agroecology Fund, cette initiative vise à renforcer la recherche locale, promouvoir la transition agroécologique et contribuer à la préservation de la biodiversité tout en améliorant les moyens de subsistance des communautés autochtones et locales du Maniema.
En soutenant ces jeunes chercheurs, le projet entend créer une approbation communautaire dans la recherche de solutions adaptées aux besoins des populations riveraines des aires protégées, tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles. À travers l’étude des chaînes de valeur, les communautés pourront décider des produits à transformer et bâtir un marché compétitif local, ouvrant la voie à une agroécologie durable et inclusive.
Par Sylvie NABINTU





