Face à l’expansion rapide de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) renforce son soutien au ministère de la Santé. L’organisation déploie des équipes médicales et logistiques dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le virus Bundibugyo continue de se propager dans un contexte marqué par l’insécurité et un accès limité aux soins.
En Ituri, épicentre de l’épidémie, MSF a ouvert des Centres de traitement Ebola à Mongbwalu et Bunia, tout en appuyant les structures locales pour l’isolement des cas suspects. Au 30 mai, près de 300 cas confirmés, plus de 900 suspects et plus de 50 décès avaient été signalés, l’Ituri concentrant plus de 90 % des cas. Au Nord-Kivu, l’organisation gère un centre de 80 lits à Goma et appuie plusieurs zones environnantes, tandis qu’au Sud-Kivu, des centres sont en cours de mise en place à Bukavu et Lwiro, avec formation du personnel aux mesures de prévention et de contrôle des infections.
Les équipes de MSF mènent parallèlement des campagnes de sensibilisation sur les symptômes et modes de transmission d’Ebola, renforcent les systèmes d’alerte et encouragent l’utilisation des numéros verts pour signaler rapidement les cas suspects. « En l’absence de traitements et de vaccins approuvés, la prévention et l’interruption des chaînes de contamination sont essentielles », souligne Ewald Stals, représentant de MSF en RDC.
MSF insiste également sur la nécessité de maintenir l’accès aux soins pour d’autres urgences sanitaires comme le paludisme, la rougeole, le choléra et la malnutrition, tout en répondant à Ebola. L’organisation forme les personnels de santé à gérer simultanément les cas d’Ebola et les soins courants, afin d’éviter une aggravation des crises sanitaires existantes. Plusieurs centaines de tonnes de matériel médical ont déjà été acheminées vers les zones touchées, mais les besoins dépassent largement les moyens disponibles.
« Cette épidémie évolue rapidement et la situation épidémiologique comme les besoins opérationnels pourraient changer de manière significative dans les jours et les semaines à venir », conclut Ewald Stals. « MSF reste prête à adapter ses activités et à renforcer son soutien à la riposte en étroite coordination avec les autorités sanitaires et les communautés. »
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