Un mémorandum des forces vives sociales du Sud-Kivu, adressé au président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et aux membres du Sénat ce mercredi 18 mars, dénonce ce qu’elles qualifient de « martyr » infligé à l’honorable Modeste Bahati Lukwebo, figure politique majeure de la province.
Élu à deux reprises, député national à Bukavu et sénateur représentant le Sud-Kivu, Bahati Lukwebo a tenu, le 4 mars à Kinshasa, une conférence de presse abordant plusieurs enjeux nationaux, dont la question sensible de la révision de la Constitution. Ses propos ont suscité une vague de réactions, certaines allant jusqu’à mettre en cause son identité et son intégrité.
La société civile et les mouvements citoyens du Sud-Kivu affirment être « subjugués » par ce qu’ils considèrent comme une atteinte répétée aux droits fondamentaux d’un leader politique, en violation des textes juridiques nationaux et internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Le mémorandum s’interroge : « Si une autorité morale d’un grand regroupement politique comme l’AFDC/A, deuxième force politique du pays, peut subir un tel traitement, qu’en serait-il des citoyens ordinaires ? »
Les signataires dénoncent également une « ambiguïté informationnelle » entretenue sur les réseaux sociaux et relayée par certains acteurs politiques. Bahati Lukwebo est tour à tour accusé d’être « Rwandais » ou lié à des dossiers sensibles tels que Bralima et le M23, sans preuves tangibles.
Pour ses partisans, ces accusations relèvent d’une « chasse à l’homme » visant non seulement le leader du Sud-Kivu mais aussi la communauté swahiliphone. Ils rappellent que Bahati est un homme d’affaires actif depuis plus de 40 ans en RDC, avec des entreprises implantées dans plusieurs provinces.
Dans ce mémorandum lu par MICK MUTIKI, les signataires exhortent les sénateurs à :
1. Préserver leur unité et leur solidarité dans la défense des droits et libertés, gages de crédibilité et de dignité institutionnelle.
2. Refuser que des opinions exprimées par un élu du peuple puissent servir de motif à la perte d’un mandat ou à des poursuites politiques.
3. Veiller à ce que toute procédure éventuelle respecte strictement les textes légaux en vigueur.
Les forces vives du Sud-Kivu concluent en appelant à privilégier la stabilité des institutions et le renforcement de la démocratie, plutôt que des règlements de comptes politiques. « Cette démarche citoyenne et pacifique vise à consolider la paix sociale dans un pays confronté à de multiples défis » ont-ils soulignés.
David BALIBONERA





