Politique

Assassinat de Karine Buisset : la société civile du Sud-Kivu lance une campagne citoyenne pour la paix et appelle à un dialogue inclusif

Le Cadre de Concertation de la Société Civile du Sud-Kivu aux côtés des mouvements citoyens réuni à l’hôtel Blousky dans la commune d’Ibanda ce vendredi 13 mars 2026, a dénoncé avec force l’assassinat de l’humanitaire de l’UNICEF, Karine Buisset, ainsi que de deux compatriotes congolais.   

Ce point de presse a été l’occasion de lancer officiellement la Campagne citoyenne pour la paix à l’Est de la RDC, initiée le 11 novembre 2025. L’objectif est de mobiliser les parties prenantes autour d’un agenda social qui intègre les besoins des populations dans les processus de paix en cours, notamment ceux de Luanda, Washington et Doha.  

La société civile appelle à un plaidoyer fort auprès de la communauté internationale afin de promouvoir un dialogue inclusif, capable d’aborder les causes profondes des conflits armés qui ravagent l’Est du pays depuis plus de trois décennies. Elle insiste sur l’importance d’impliquer les leaders sociaux, religieux, coutumiers et communautaires dans ce processus.  

Les intervenants ont salué les efforts des États-Unis et du Qatar qui ont permis des rencontres entre les présidents Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame, ainsi que des discussions entre le gouvernement congolais et le mouvement armé M23/AFC. Ces initiatives ont abouti à la signature d’accords de principe, de paix, ainsi que des accords économiques et sécuritaires.  

Cependant, la société civile déplore « la mauvaise foi manifeste » dans la mise en œuvre du cessez-le-feu et l’absence d’un mécanisme international de suivi, qui ont déjà causé de nombreuses victimes civiles. L’assassinat de Karine Buisset est présenté comme un signal d’alarme pour la communauté internationale, sommée de prendre ses responsabilités face à ces violations répétées.  

Dans sa déclaration, le Cadre de Concertation de la Société Civile du Sud-Kivu formule plusieurs recommandations, 

– Aux institutions de la RDC : tirer les conséquences diplomatiques et politiques des violations du cessez-le-feu et engager un véritable dialogue inclusif.  

– À l’AFC/M23 : garantir la sécurité des populations et des étrangers vivant dans les zones sous son contrôle.  

– À la communauté internationale (USA, UE, France, Belgique, UA, SADC, CIRGL) : accompagner la RDC vers une dynamique de paix interne et soutenir l’organisation d’un dialogue inclusif.  

Ce message, signé par Mick Mutiki Kilumba et Amos Bisimwa, se veut un appel pressant à la responsabilité politique et diplomatique, afin que la mort des humanitaires et des civils ne reste pas impunie et que la paix durable devienne enfin une réalité pour les communautés de l’Est de la RDC. 

Notez que Karine Buisset était une humanitaire française travaillant pour l’UNICEF en République Démocratique du Congo (RDC). Elle a été tuée dans un bombardement de drone à Goma, dans la province du Nord-Kivu, le 11 mars 2026. Karine était une professionnelle dévouée qui travaillait sur des programmes de protection de l’enfance dans une région touchée par le conflit.

 

David BALIBONERA

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