En collaboration avec l’Institute of Development Studies (IDS), Institut Supérieur Pédagogique (ISP) Bukavu a poursuivi son atelier de mobilisation des connaissances autour du thème: « Les facteurs déterminants du bien-être et de la rétention des enseignants dans le contexte de violences prolongées et de déplacements ».
Cette deuxième journée a été consacrée à l’identification de solutions, à l’élaboration de stratégies et au renforcement des capacités en lien avec les facteurs influençant la rétention et le bien-être des enseignants dans un environnement marqué par des crises persistantes.
Les organisateurs ont axé les travaux sur plusieurs mécanismes:
– Le soutien psychosocial, visant à initier les participants aux techniques de résilience.
– Le leadership et la gestion des équipes, pour renforcer les capacités de direction et de motivation.
– Les stratégies d’engagement et de plaidoyer, afin de mobiliser les acteurs clés autour de la rétention des enseignants.
Docteur Philippe Amani Busane, chef de travaux et psychiatre à l’hôpital de Panzi, a développé la thématique du soutien psychosocial. Il a insisté sur l’importance d’une approche psychosociale pour favoriser la rétention des enseignants dans un contexte de mutations sociopolitiques et économiques. Selon lui, dans les régions confrontées à des crises économiques, politiques ou sécuritaires, les enseignants sont exposés à de nombreuses difficultés professionnelles et personnelles qui affectent directement leur motivation, leur bien-être psychologique et leur choix de rester ou de quitter la profession.
Il a lancé un appel aux gestionnaires des institutions éducatives à mettre en place des dispositifs favorisant la rétention, qu’il définit comme la capacité d’un système éducatif à maintenir ses enseignants sur une longue période, en garantissant non seulement leur présence physique dans les écoles, mais aussi leur engagement et leur motivation. Parmi les points abordés figuraient la déperdition des enseignants, l’approche psychosociale et la gestion du stress.
De son côté, le professeur Samuel Matabishi, enseignant à l’ISP Bukavu et codirecteur du projet, a souligné que cette séance visait à montrer aux participants comment fonctionner dans un contexte de crises tout en permettant aux enseignants de continuer à évoluer. Il a rappelé que la rétention des enseignants contribue directement à l’amélioration de la qualité de l’éducation, en offrant aux enfants de meilleures conditions d’apprentissage et en renforçant l’environnement scolaire.
Cet atelier de trois jours se déroule au Campus numérique de l’ISP Bukavu, au CERUKI, et réunit des gestionnaires d’institutions éducatives venus de la ville de Bukavu ainsi que des territoires de la province du Sud-Kivu.
David Balibonera




