Environnement

RDC : vers la reconnaissance et la réparation des Batwa du PNKB

Pendant des décennies, les Batwa du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB) ont vécu dans l’ombre d’une injustice, leur expulsion des terres ancestrales au nom de la conservation. Aujourd’hui, la République démocratique du Congo semble prête à ouvrir une nouvelle page.  

Le 12 février 2026, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) a franchi une étape importante. Son président, Paul Nsapu Mukulu, a signé la création d’une sous-commission ad hoc chargée de préparer la mise en place d’un comité indépendant d’experts. Sa mission  est de définir les modalités d’indemnisation et de réparation en faveur des Batwa du PNKB. 

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la décision rendue en mai 2022 par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (Communication 588/15). Celle-ci avait reconnu les violations subies par les Batwa et exigé de l’État congolais la mise en place d’un mécanisme indépendant pour évaluer les réparations.  

La nouvelle équipe, composée de hauts responsables et d’experts de la CNDH, devra établir un dialogue avec les institutions de l’État et les organismes spécialisés pour mesurer l’ampleur des préjudices. Et proposer au gouvernement la création d’un comité indépendant chargé de fixer la valeur des indemnisations et les modalités de réparation. Elle exercera son mandat jusqu’à l’installation effective de ce comité.  

Le PNKB, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est depuis longtemps au cœur d’un dilemme, préserver une biodiversité exceptionnelle tout en respectant les droits des communautés autochtones. L’expulsion des Batwa, dénoncée par les organisations de défense des droits humains, a cristallisé ces tensions.  

Les réparations envisagées ne devraient pas se limiter à une compensation financière. Elles pourraient inclure des mesures de reconnaissance symbolique et des garanties de non-répétition. Si ce processus aboutit, il marquera une avancée pour la justice réparatrice et la reconnaissance des droits collectifs en RDC.  

Après des années d’inaction, Kinshasa envoie un signal fort, celui d’une volonté de répondre institutionnellement à une injustice historique. La communauté internationale observe ce processus avec attention, consciente que son issue pourrait servir de précédent en matière de droits des peuples autochtones en Afrique.

 

Rédaction 

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