Dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 août 2025, le couvent des prêtres situé au sein de l’hôpital de la Fomulac à Katana, au nord de l’aéroport de Kavumu, territoire de Kabare, a été pris pour cible par des hommes lourdement armés.
Les assaillants ont dépouillé les prêtres de leurs téléphones, de l’argent et d’autres biens de valeur. Selon plusieurs sources locales, les religieux ont également été passés à tabac, victimes de brutalités inouïes.
Cette attaque s’ajoute à une série d’agressions similaires perpétrées contre des paroisses catholiques depuis février 2025, faisant craindre une escalade ciblée contre les lieux de culte.
L’identité des agresseurs demeure inconnue. Toutefois, la présence inquiétante d’hommes armés circulant librement autour de Bukavu et dans les territoires de Kabare, Kalehe et Walungu alimente les soupçons. Certains seraient des fugitifs de la prison centrale de Bukavu, échappés lors de l’entrée des éléments du M23 dans la ville. Munis d’armes pillées dans les casernes des forces loyalistes, ces individus s’en servent pour rançonner et terroriser les populations civiles, y compris les prêtres.
Jadis considérés comme des sanctuaires inviolables, les couvents et presbytères sont désormais des cibles privilégiées d’hommes armés opérant en toute impunité dans le Sud-Kivu, notamment dans les environs de Bukavu. Ce glissement vers l’insécurité généralisée remet en question la sacralité même de ces lieux.
Par ailleurs, des milliers de déplacés femmes et enfants ayant fui les affrontements entre le M23 et les Wazalendo dans les territoires de Kabare et Walungu, survivent à la belle étoile dans les rues de Bukavu, sans aucune assistance humanitaire. Cette crise humanitaire coïncide avec la rentrée scolaire prévue pour le lundi 1er septembre 2025, alors que la première saison culturale vient d’être perdue. Le spectre d’une famine généralisée et d’une désertion scolaire massive plane sur une région déjà fragilisée.
La Rédaction